Les meilleurs Vins Européens

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samedi 22 mars 2008

La France a du talent

Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie... Il y a trois paramètres qui font la différence :

- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires...), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges...), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse...), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises...), etc.

- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.

- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.

Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux. C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité... La typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme.

Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent “modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes... et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour “coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance (surmaturation, surconcentration...). Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.

Merci de votre fidélité.

jeudi 8 novembre 2007

Champagne : la nouvelle donne pour ne pas se tromper

J’aime le Champagne. Mon Classement 2008 est un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs (voir la Sélection de MILLESIMES), les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent.

Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc.

Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive… À quoi bon les soutenir ? Voici ce qu’il faut retenir :

Les Premiers Grands Vins Classés Il y a 22 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de main), et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Taittinger, Roederer ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps (ces grandes maisons sont souvent propriétaires d’importants vignobles et dirigées par des hommes pour lesquels la continuité patrimoniale prime, ceci expliquant cela), d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 e, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile.

Aux côtés de maisons incontournables (Charles Heidsieck, Alfred Gratien...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, Ellner, De Sousa, Veuve A. Devaux et Pierre Peters).

Trois autres sont à leurs côtés cette année : Geoffroy, Philipponnat, De Venoge. Ruinart est mis “entre parenthèses”, faute d’échantillons, et je le regrette, mais je me vois mal placer au sommet des cuvées que je n’aurais pu suivre. Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement 2008, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent : Krug, par exemple, atteint les sommets qualitatifs et des prix tout aussi majestueux (130 e environ pour la cuvée Réserve et 500 e pour le Clos du Mesnil) et je le mets pourtant en tête. C’est le meilleur (le rosé est formidable), selon moi, en faisant abstraction du prix, comme Petrus. De Telmont, lui, bénéficie avec la cuvée O.R. 1735 d’un rapport qualité-prix-plaisir exceptionnel (55 e). Ils sont tous les deux au sommet, et l’un comme l’autre le méritent bien sans être “comparables”. Tout aussi méritante, la savoureuse cuvée des Caudalies de De Sousa (50 e), et l’extraordinaire cuvée des Millénaires de Charles Heidsieck n’est “qu’à” 70 e. Le prix intervient donc logiquement dans cette hiérarchie, et cela explique que des maisons moins connues côtoient des marques plus réputées mais que des marques très réputées sont aussi à des prix très attractifs. C’est le plaisir qui compte, la régularité et... l’accessibilité.  Car les prix, cela compte, avec leurs différences : sur Internet, on trouve (vu en juin), la très belle cuvée D de Devaux à 27,90 e qui est beaucoup plus accessible en effet que l’exquise cuvée Grand Siècle de Laurent-Perrier à 69 e. Ce sont pourtant deux grandes cuvées qui méritent d’être au sommet, procurant chacune un plaisir réel, et il y a donc bien une notion de prix qui doit entrer en compte pour “classer” l’une et l’autre. Faut-il donc payer parfois 2, 5, 10 fois plus cher ? Vous seul pouvez être juge.

Les Deuxièmes Grands Vins Classés C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite. 

Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des prix remarquables (Paul Bara, J-M. Gobillard, Robert Moncuit, Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Bonville, Coulon, Delaunois, De Lozey, Lombard, Prin, Gaston Chiquet, Sanchez Rutat..), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage.

À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Collard-Picard, Pierre Arnould, Hamm, Bonnaire, Mandois, Ralle, Drappier, Gimonnet, Lancelot-Pienne, Pierre Mignon, Leclerc-Briant, Jacques Busin, Legras et Haas, Bourgeois, Laurent-Gabriel, Fleury, Collard-Chardelle, Michel Lenique, Daniel Caillez, Maurice Vesselle, Bardoux, Pierre Gobillard, Waris-Hubert, Prévoteau-Perrier, Charbaut, Jean-Marc Charpentier...).

Quelques coopératives travaillent remarquablement (Vincent d’Astrée, Beaumont des Crayères, Clérambault, Charles Collin, Albert de Milly...) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques beaucoup plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées navrantes...

À la suite, une bonne centaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux...

Les Troisièmes Grands Vins Classés La plupart devraient monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, car leurs cuvées n’ont pas encore pu être suivies sur plusieurs années. Le rapport qualité-prix est très abordable, avec des bouteilles qui se font parfois un malin plaisir de détrôner des marques plus connues dans les dégustations.

jeudi 18 octobre 2007

20 sur 20 ?

Je me fais plaisir, et j'y aborde pratiquement tous les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d'Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard "Madrange" aux Blacks), ce qui nous met mal à l'aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les voitures à Paris, les vins Californiens, le scandale d'EADS (info ou intox ?), la Poste, mais encore Kouchner (j'aime bien), Lawrence d'Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne...), Ségolène Royal, BHL, Clearstream, la TVA des restaurateurs, les ministres, l'iPhone, Vuitton, les Echecs, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé, Bayrou ou Jospin), Ibiza, de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins..., des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Cervantes, Imagine et My Sweet Lord en live...), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Parker, Citadelles du Vin...), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Vargas Llosa, Tourbillon...), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, le Champagne, l'astronomie, les grèves, voir et revoir Keyser Soze... le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s'informer sur 20 sur 20 ?

mercredi 17 octobre 2007

Gagnez des bouteilles

Voir notre Concours

samedi 13 octobre 2007

Sélection hebdomadaire des meilleurs vins de France

Chaque semaine, suivez la sélection des meilleurs vins.

Voir

Et aussi

dimanche 23 septembre 2007

Et les autres...

Vous savez que je suis peu soucieux des critiques, mais, à des moments, il faut remettre les choses et certains à leur place. On est donc vraiment désolé pour les "concurrents", qui n'arrêtent pas de gloser et ne se gênent pas -eux- pour nous critiquer, même si, on le sait, on ne peut être jaloux que des réussites ou des "institutions".

Bref, sur le 1er et unique réseau mondial d'informations, Internet, il n'y en a que pour Patrick Dussert-Gerber et nos sites qui ramènent au Guide Dussert-Gerber des Vins de France (Albin Michel).

AUCUN AUTRE GUIDE REEL "PAPIER" est avant nous ! En plus, tous nos sites renvoient à MILLESIMES ou aux CLASSEMENTS, directement consultables sur le Net.

Quand un internaute veut acheter ou consulter un guide sur les vins, il tape instinctivement "guide des vins" ou "guide du vin". Pas de Hachette ni de Parker, ni de Bettane, ni de machin ou de truc. On a fait le test, et cela devrait calmer certains :

1/. Google (le 1er, de très loin, plus de 89% du marché, voir : http://barometre.secrets2moteurs.com) - Quand on tape "guide des vins", sur Google, c'est pire pour nos amis, on est en pole position sur 2,7 millions de liens - Avec "guide du vin", on est en 8e position sur plus de 4,2 millions de résultats

2/. Yahoo - Avec "guide des vins", on est en 2e, 3e et 7e positions, sur plus de 4,3 millions de liens - Quand on tape "guide du vin", nous sommes présents 4 fois sur la 1ère page devant plus de 7,1 millions de sites : 2e, 4e, 8e et 10e

3/. Live Search/msn (Microsoft) - Avec "guide des vins", on est en 1ère position sur près de 388.000 résultats - Quand on tape "guide du vin", on est en 2e, 7e et 8e positions sur plus de 540 000 résultats

4/.Vo ila (Orange) - Avec "guide des vins", on est en 1ère, 4e et 7e positions sur près de 1,3 millions de résultats - Quand on tape "guide du vin", on est en 7e et 8e positions sur plus de 1 million de liens

5/. Altavista - Avec "guide des vins", on est en 1ère, 4e et 6e positions sur plus de 4.3 millions de liens - Quand on tape "guide du vin", on est en 2, 3e, et 3e positions sur plus de 7,3 millions de résultats

Evidemment, je ne me suis contenté que des résultats de la 1ère page des moteurs de recherche, mais qui va consulter la 3e ou la 1500e ?

samedi 22 septembre 2007

Les vins "copeautés"

L'article date de 2004, mais c'est l'actualité. Que penser de Christian Delpeuch, le président du Civb, d'approuver cette mesure, c'est-à-dire de tirer vers le bas et d'avoir toutes les chances de duper le consommateur, qui n'en demande pas tant. C'est un comble d'abonder en ce sens, comme le fait également M. Château, directeur de l'association des Côtes de Bordeaux. Je vous laisse les lire. Pour info, certains vins rajoutent de la sciure de bois dans leurs cuvées pour donner aussi le goût boisé. La sciure, c'est pas un copeau de bois coupé en tout petit...

Voir : http://www.viti-net.fr/Outils/Fiches/FichesDetail.asp?idRub=11&id=684

Pendant que l'on y est (vu dans : http://www.oenodev.com/Oenodev/presse_bois.htm)

"Les copeaux et les staves se sont banalisés aux Etats-Unis. Selon le magazine Wine Business Monthly, 77 % des petits producteurs, 85% des moyens et 100% des géants du secteur en utilisent. Plus surprenant, ils percent chez les producteurs haut de gamme. La revue réalise tous les ans une enquête sur les pratiques des caves. En 2002, aucune n'envisageait d'utiliser des copeaux pour ses vins vendus plus de 25$/col au détail. En 2006, 9% y étaient favorables. "Des viticulteurs pensent qu'ils peuvent utiliser des copeaux et des planches (staves) dans des vins de qualité. Plutôt que de coût, il s'agit d'une question de créativité". (...) Clark Smith, vinificateur pour GrapeCraft Wines et consultant au sein de la société Vinovation, fût initié aux copeaux en 1997 par le français Patrick Ducournau. "Je n'ai plus acheté de barrique depuis 1999, même pour mon cabernet à 100$/col" (...). L'un de ses cabernet-sauvignon a récemment fini deuxième d'une dégustation comparative de vins haut de gamme, les uns passés en fût, les autres "copeautés"."

Les Vins du Siècle

Notre site Les vins du Siècle : http://www.vinsdusiecle.com/, qui existe aussi en américain : Top French Wines (http://www.topfrenchwine.com/) va se développer cette année.

Appellation par appellation, une sélection des meilleurs propriétaires de France pour la typicité des vins, leur rapport qualité-prix-plaisir, l'expression de leur terroir et leur passion de vignerons. Une présentation attractive de leur propriété, de la qualité des millésimes, de leurs prix... et surtout la possibilité d'entrer directement en contact avec eux.

jeudi 13 septembre 2007

Haut-Calens, un grand Graves à petit prix

Voir le Classement : [http://www.guidedesvins.com/graves.php |http://www.guidedesvins.com/graves.php|fr]

Les premières recherches du Château Haut-Calens remontent au XVIIe siècle. En 1979, le propriétaire de l’époque recevait une médaille d’or. Depuis, bien des choses se sont passées. Albert Yung reprend ce domaine et replante 35 hectares de vignes avec principalement des cépages rouges sélectionnés Merlot et Cabernet-Sauvignon. Avec ses deux enfants, Thierry et Richard, ils créent une nouvelle exploitation et plantent 10 hectares de vignes rouges sur un coteau de graves séculaires à Beautiran, le Château Canteloube. La vinification est élaborée en cuve inox sous contrôle des températures durant 3 à 4 semaines avec deux remontages tous les jours, ce qui permet de produire un vin aux tanins murs, concentré, gras, d’excellente garde et bénéficiant d’un rapport qualité prix. La cuvée prestige issue de parcelles sélectives, élevée en fûts de chêne pendant 12 mois, vient renforcer la notoriété du Château Haut-Calens.

À la tête des Deuxièmes Grands Vin Classés. Leur Graves Château Haut-Calens rouge cuvée Prestige 2004 est l’un des meilleurs dégustés dans ce millésime; au bouquet subtil et intense à la fois, aux notes de sous-bois et de cassis mûr, un vin de bouche ample et fondue, de très bonne garde. Le 2003 est de couleur grenat, savoureux en bouche, concentré, gras et persistant, riche en arômes (cerise noire, cuir, sous-bois) comme en structure, aux tanins mûrs. Le Graves Tradition rouge 2003, séduisant, associe concentration aromatique et souplesse en bouche, aux notes de griotte mûre, coloré, charnu, de bouche soyeuse. Le 2002 est très parfumé, classique, au nez subtil où dominent le cuir et la griotte, aux tanins présents et savoureux, légèrement épicé en finale comme il se doit. Le 2001, associant finesse et concentration, aux tanins puissants et soyeux à la fois, au nez intense, a une belle finale en bouche. Goûtez leur Bordeaux Supérieur Château Croix-de-Calens, à la tête de son appellation.

mardi 28 août 2007

Gagnez des bouteilles

Notre concours gratuit :

http://www.amourduvin.com/f_jeu.html

mardi 21 août 2007

Le Guide 2008 vient de paraître

Ce que vous devez absolument retenir cette année

Alsace

Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins parfois trop souples, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).

Beaujolais

La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation. Pour s’en apercevoir, il suffit d’objectivité, d’un minimum de connaissance du terrain, de modestie et de partager l’amour du vin comme le font les producteurs du Guide. Le 2006 est réussi mais délicat à maîtriser, le 2005 est très typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant. En Jura et Savoie, de nombreux coups de cœur, avec une gamme qui va de la plus grande fraîcheur à la plus grande complexité.

Bordeaux

Attention aux prix des grands crus 2005, il faut savoir choisir et ne pas se faire avoir.

- Dans le Médoc, la priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains grands crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour le 2005. Misez sur les 2004 et 2002, voire 2001, très classiques, encore trop jeunes à boire, et faites-vous plaisir avec les 99, 97, 96 ou 90.

- Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002 peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000, superbe.

- À Saint-Émilion, si certains se flattent ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix. On partage avec les propriétaires retenus dans le Guide le plaisir du vin, la modestie face à la force de la Nature, et cette convivialité propre à la région. Beaux millésimes 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2003 et 2000. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”. Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas justifiés. Comme dans l’ensemble du bordelais, débouchez les millésimes 2000 à 90 en ce moment.

- Du plus grand vin au plus abordable, on savoure, du nord au sud de cette “entité” des Graves, une variété importante de styles de vins. Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et typés. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des millésimes 2005 à 2001, confirment mon Classement des valeurs sûres, celles où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à certains prix néanmoins, comme à une concentration outrancière chez certains, au détriment de la typicité. Les blancs 2004, 2001, 2000, 98 ou 97 sont excellents.

- Il y a de tout dans ces appellations de Côtes, de grands vins racés et typés comme nous les aimons et d’autres cuvées qui font la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un véritable terroir en avant. Il s’agit donc de savoir miser sur les hommes et les femmes qui le méritent, assumant la grande tradition bordelaise depuis des années. Misez sur les millésimes 2005 à 2000, avec l’opportunité du 2004.

- Mon soutien à l’appellation des Bordeaux Supérieur ne date pas d’hier. Mes dégustations des millésimes 2005 à 2000 confirment l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si, comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 98 ou 96, excellents actuellement.

- A Sauternes, l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa prolifération. Terroir oblige, les crus développent leur propre spécificité, certains très liquoreux, d’autres tout en finesse, et les prix sont largement justifiés quand on connaît les efforts et la patience des propriétaires. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où le plaisir est bien rare), comme les 2001, 99 ou 98 sont de toute beauté. Le 2003 est réussi, certainement moins typé, et le 2004 particulièrement savoureux et classique. Les plus grandes bouteilles à leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 96, 95 ou 89, où l’on atteint le grand art.

Bourgogne

Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes, l’inclinaison des pentes, la richesse des sous-sols en ressources minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. Élever un grand vin, en effet, c’est être aussi capable de le partager avec passion et humilité, et cela ne s’apprend pas. Voici donc ces vignerons talentueux et passionnés que je soutiens, pour lesquels il n’y a nul besoin de fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien souvent largement justifiés, d’autant que les millésimes 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 atypique. Le grand 2005 suit le 2004, dans les 2 couleurs, et demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99, 97, 89 ou 85. Attention, les prix remontent, et certains en profitent trop, ce quyi explique ma sévérité cette année.

Champagne

On est vraiment au sommet dans la région. Mon Classement est encore remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade… Cette hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme partout, toujours la différence. Certains “vieux” millésimes sont remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des meilleures cuvées. On trouve de remarquables cuvées à des prix très justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres appellations, et on comprend le sucès de la région.

Languedoc

Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements, respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages inappropriés. Pour certains, l’exagération des prix et certaines “renommées” bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des baudruches. Les millésimes 2004 et 2003 sont réussis, les 2002 et 2000 savoureux.

Provence

Il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations, en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse. L’influence des millésimes est beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une très bonne série 2004, 2003, 2002 (un ton en-dessous) et 2001. Les blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de ce type de vin (2005 superbe).

Sud-Ouest

S’il s’agit de faire attention aux “microcuvées” qui apparaissent, pas typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons s’attachent ici à élever des vins racés comme nous les aimons. Les vins ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 99, 95 ou 86) où les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence historique. Les millésimes 2004, 2003 et 2001 sont des réussites. Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en blancs secs et en liquoreux (millésimes 2004, 2000, 95 ou 90).

Val de Loire

De la Touraine au Pays Nivernais, du Pays Nantais à l’Anjou-Saumur, la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable et tout concourt au plaisir du vin. Les hommes élèvent des vins à leur image. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur. Les liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon ou Vouvray, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 98 ou 95). Le millésime 2002 est très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003 et 2001 sont savoureux. Beaux liquoreux en 2004, 2003 et 2001, et un millésime 2005 très typé, très prometteur.

Vallée du Rhône

De Vienne en Avignon, les vins rouges et les blancs, du plus prestigieux au plus méconnu, sont denses, racés et chaleureux, et, pour la plupart, bénéficient d’un très beau rapport qualité-prix-typicité. Viennent alors se rejoindre la convivialité, le terroir, et la main de l’homme, qui font toujours la différence. Le millésime 2003 est parfois très mûr, le 2002 a été très difficile à maîtriser, et le 2004 très classique, très réussi. Il faut aussi prendre le temps de conserver ces vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 98, 95, 90 ou 85, voir la Vintage Code ©, page 37.

© Voir le GUIDE DUSSERT-GERBER DES VINS DE FRANCE 2008 (Editions Albin Michel).

Voir aussi : www.patrick.dussert-gerber.com Et : www.guidedesvins.com

mercredi 4 juillet 2007

Les sols font la différence

http://www.guidedesvins.com/images/e_bourgogne_blancs.jpg

Qu’on le veuille ou non, la France fait les meilleurs vins du monde ! C’est vrai pour les très grands crus (qui peut lutter avec une telle élégance ?) comme pour tous les autres (où trouve-t-on autant de plaisir et de diversité, dans les trois couleurs, dans une gamme de prix de 5 à 20 euros ?). Rien n’est venu tout seul : c’est, aux côtés de sols et sous-sols uniques, grâce à cette volonté historique des hommes et des femmes de nos vignobles. Et si la concurrence existe, elle est soit très chère, soit “sans âme ni vertu” ou aseptisée. Patrick Dussert-Gerber, depuis 27 ans, au travers de Millésimes et de son Guide, avec plus d’un million de lecteurs, défend passionnément ceux qui le méritent.

Brigitte Dussert : Certains négociants ou syndicats veulent simplifier les appellations françaises ?

Patrick Dussert-Gerber : S’en tenir à simplifier les étiquettes n’est pas la bonne solution. C’est trop facile de dire que le fait d’avoir trop d’appellations perturbe la compréhension du consommateur. Cela fait des siècles que l’on fait du vin en France, et des dizaines d’années que nous sommes les références mondiales, en quoi nos étiquettes et le nombre de nos appellations ont-elles gêné cela ?

Ce n’est pas parce que nos concurrents n’ont pas d’arguments sur la typicité que l’on doit faire pareil en “lissant” nos appellations. La complexité devient au contraire la manière de valoriser les consommateurs. Un amateur de vin, ce n’est pas un idiot : il a parfaitement le droit à la culture du vin. Plus on fait des vins simples, plus on prend le consommateur pour un imbécile, incapable de comprendre la spécificité de tel ou tel cru. Je ne partage pas cet avis.

BD : Faut-il par exemple privilégier le nom des cépages sur l’étiquette ?

PDG : Mettre Chardonnay ou Merlot sur une étiquette n’a jamais été un gage de qualité en soi. Il y a des vins de Chardonnay qui sentent l’aubépine grâce à des levures, d’autres qui sentent la vanille par une surconcentration en barriques... et d’autres, heureusement, qui dégagent des nuances aromatiques similaires naturellement, grâce à leur sol ou à quelques années de vieillissement, selon les phases d’évolution. En France, on a des terroirs qui s’expriment d’eux-mêmes. Un Chardonnay australien ou languedocien, même s’il est bon, ne jouera jamais dans la catégorie d’un Meursault Perrières ou d’un Puligny La Garenne. Je doute également du bien-fondé des regroupements entre appellations qui risquent surtout de les dépersonnaliser encore plus. Se retrancher pour faire cela derrière la facilité de compréhension d’un consommateur-lambda pour “lisser” les appellations ou mettre en avant un nom de cépage sur l’étiquette me semble être une fuite en avant.

BD : Il faut donc encore plus développer l’effet terroir ?

PDG : Oui, plus que jamais, il faut continuer de communiquer sur les terroirs et d’ailleurs c’est ce que font les vignerons dignes de ce nom et qui nous font confiance. C’est grâce à la richesse et la complexité de nos sous-sols qui existent depuis des siècles que les vins français forcent l’admiration et font envie au monde entier. Il faut porter la bonne parole. J’aime bien la démarche de la campagne de communication des vins de Bourgogne qui explique -je schématise- à un dégustateur anglo-saxon pourquoi le terroir apporte des nuances d’arômes particuliers et spécifiques à un Bourgogne. Elle reflète ce que je fais depuis toujours. Pour faire comprendre notre différence à un consommateur français ou étranger, il faut expliquer que, sur quelques dizaines de mètres, on produit un vin différent d’un autre, à Chinon, à Pouilly-Fumé, en Beaujolais, en Alsace, à Gigondas, à Margaux ou à Vosne-Romanée... C’est notre grande force. Les champenois l’ont aussi bien compris puisqu’ils communiquent souvent sur des origines, des crus, des villages, des clos, alors qu’auparavant on ne parlait que d’assemblages et de vin de fête. Les alsaciens en font autant et beaucoup d’autres aussi, à Bordeaux comme en Languedoc. Tous ont compris qu’il faut se servir de notre hiérarchie exceptionnelle des appellations et des terroirs. Dans tous les vignobles français, on a la chance d’avoir de vrais terroirs historiques et il est donc tout à fait inconcevable qu’on “aseptise” les vins sans se servir de la puissance du territoire. La majorité des vignerons partagent mon opinion. C’est pour cela que nous nous soutenons mutuellement.En France, nous produisons des vins fabuleux, et il faut imposer cela ! Si un marchand de vin vous répond que c‘est trop compliqué, c’est parce qu’il ne veut pas fournir un effort supplémentaire pour expliquer le vin et l’histoire du lieu où il est produit, c’est plus simple et rapide en effet de se servir uniquement de la notoriété qui existe déjà. Mais le vin, cela mérite le respect. Il faut prendre le temps d’expliquer le travail du vigneron, de faire partager son plaisir.

BD : Quelle est notre force ?

PDG : C’est notre diversité. S’il est naturel que l’on fasse aujourd’hui des vins plus souples et moins astringents, il n’est pas nécessaire pour autant de les défigurer ? Il faut avoir confiance en son savoir-faire historique, la complexité géologique des sols, le talent de la majorité des vignerons français qui ont su profiter des progrès technologiques tout en respectant leur vin, sans le dénaturer. Pour expliquer le vin, le comprendre, justifier son prix et faire rêver les consommateurs, il faut tout simplement parler de la richesse et de la diversité de nos sols, de la délimitation stricte de nos terroirs, de leur rareté, de la multitude de nos cépages, des exigences qualitatives, des investissements dans les chais, leur montrer nos clos, les galets, le schiste, l’argile, les coccinelles au milieu des vignes, un viticulteur en train de travailler, parler d’arômes, de plaisir, des choses simples, élémentaires... Je crois aux “niches”, à la multiplication, à la complexité, pas à l’homogénéisation ni à la mondialisation du goût. Je pense que nos vins méritent bien au contraire de susciter justement l’intérêt, des questions, des comparaisons. Vouloir tout simplifier, c’est faire le jeu des vins qui n’ont pas de typicité, pas d’histoires, pas d’us et coutumes. On tuerait nous-même la poule aux œufs d’or. Et puis, faut-il rappeler aussi que, les exceptions confirmant naturellement cette règle, les vins français sont aussi à leur juste prix, car les vins étrangers qui ne sont pas chers sont souvent des vins sans personnalité qui correspondent à une gamme pratiquement inexistante dans les appellations françaises. Même si, bien sûr, il y a d’excellents vins partouts, il y a aussi, dans une gamme de prix de 4 ou 7 euros, il y a pléthore en France de bons vins, dans la Loire, à Bordeaux comme dans la Vallée du Rhône... qui sont à un bien meilleur niveau qualitatif, homogène, dans une gamme de prix équivalente, et, vous l’aurez compris, qui apportent cette plus-value essentielle des terroirs : l’originalité.Les vignerons que nous soutenons ont confiance en eux, en leur spécificité, en leur talent. Ils le disent, ils communiquent là-dessus, et on les aide pour clamer haut et fort de tels atouts. C’est nous qui jouons dans la catégorie des grands, ce sont nos vins que l’on veut copier, pas l’inverse. Chaque chose à sa place, et chacun à la sienne...”

lundi 28 mai 2007

Top Champagne 2007

http://millesimes.fr/photos/61.jpg Il y a 21 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. Celles que nous mettons au sommet sont des marques qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et c’est très difficile. Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à cette place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de notre Classement, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que, toujours, le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses.

Les Deuxièmes Grands Vins Classés une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite. Il y a donc des propriétaires qui peuvent prétendre atteindre les sommets, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative, un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, et prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, même si l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage feront la différence.

La plupart des Troisièmes Grands Vins Classés devraient monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, car leurs cuvées n’ont pas encore pu être suivies sur plusieurs années. Ce sont des valeurs possédant un rapport qualité-prix très séduisant.

Nos coups de cœur, les bonnes adresses : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=CHAMPAGNE

Les Classements : http://www.guidedesvins.com/champagne.php

Les appellations : http://www.vinsdusiecle.com/regions.php

mercredi 18 avril 2007

Les meilleurs vignerons de France

Millesimes 2007 est sorti !!!

Après un tour de 6 mois dans la plupart de nos vignobles, des centaines de dégustations, des rencontres, des interviews... voici ce que l’on doit retenir cette année.

Accès direct aux meilleurs producteurs, région par région : http://www.millesimes.fr/

Accès direct aux Classements 2007 : http://www.guidedesvins.com/

Voir aussi le blog personnel de PDG : http://patrick.dussert-gerber.com/

ALSACE : les vins ont-ils évolué ?

L’Alsace est une région toujours aussi forte qui ne rencontre pas de difficulté particulière. Il faut quand même dire que, depuis quelques années, on dégustait des vins plus douceatres avec beaucoup moins d’acidité. Deux paramètres pour l’expliquer : soit c’est l’évolution climatique qui donne des vins plus doux et moins acides et là c’est logique dans des millésimes comme 2003 ou 2005, soit c’est une volonté délibérée ou une mode. Si c’est le cas, attention au risque de dépersonnaliser ces crus. Un Riesling ne doit pas être suave mais, au contraire, bien sec, et l’acidité est nécessaire pour l’équilibre et la typicité de ces vins. J’affectionne particulièrement l’Alsace (quelques origines d’Andlau), la bonne humeur des vignerons, le plaisir de pousser la porte d’un winstub, bref, celui de partager l’amour du vin. Je connais parfaitement le vignoble et il y a un bon nombre de producteurs que j’estime et soutiens depuis mon premier Guide, ce qui ne nous rajeunit pas (Gresser, Schléret, Hauller, Berger, Klein, Jung, Schaeffer-Woerly, Haegi, Rolli, Dussourt, Reinhart, Materne Haegelin...) et d’autres, découverts il y a une dizaine d’années comme Odile Weber, Ruhlmann, Beck, Engel, l’exemplaire Cave de Hunawihr... Et puis, comment résister à ces gouffres d’arômes que sont les Sélections de Grains Nobles et les Vendanges Tardives (issues particulièrement des Gewurztraminer Pinot Gris).

BEAUJOLAIS : les vins sont-ils reconnus comme ils le méritent ?

Paradoxalement, alors qu’un bon nombre critiquent cette région, c’est aussi celle qui fait beaucoup d’envieux avec cette extraordinaire réussite du Primeur, du vin nouveau, que, ni la Touraine, ni Gaillac ou les Côtes-du-Rhône n’ont pu contrarier. En Beaujolais, on parlait de crise mais ceux avec lesquels nous travaillons dans Millésimes ou qui nous envoient des échantillons pour le Guide s’en sortent bien, leurs prix sont très abordables, n’augmentent pas et cela prouve qu’ils conservent leur clientèle. C’est ce qui compte par dessus tout. Il me semble qu’enfin, en France, on a compris aussi que les Beaujolais pouvaient être des vins très charmeurs, très agréables mais aussi très typés et divers, des vins qui méritent d’être pris au sérieux, et pas uniquement des Primeurs à boire frais et jeunes. Là encore, il y a des incontournables : Franck et Georges Dubœuf, jalousés mais exemplaires, et un bon nombre de fidèles dont les vins, dans des appellations de Crus comme Juliénas, Moulin-à-Vent, Morgon ou Brouilly créeraient bien des surprises dans des dégustations “à l’aveugle”. On peut citer facilement Chavagnat, Mortet, Siffert, Miolane, Brisson, Chignard, Champagnon, Boisfranc, Lacarelle, Baronnat, Combe aux Loups, Clos du Fief, Pérelles, Py de Bulliat...

VAL DE LOIRE : la pérennité, sans péripéties.

Le vignoble de la Loire est très disparate car il est très étendu. Je connais bien, j’ai débuté ici.Pour les vins blancs, on retrouve les incidences de ces étés très caniculaires qui assouplissent les vins. Cela se ressent beaucoup moins à Sancerre, à Pouilly ou en Anjou, car le Sauvignon notamment sait conserver cettre fraîcheur qui fait sa spécificité. Un plaisir de dégustation que l’on ne retrouve jamais dans les vins étrangers souvent trop ronds et pas du tout rafraîchissants. Il y a bien sûr des différences qualitatives entre les différents vignobles. A Pouilly ou à Sancerre, ce sont des vignobles très intéressants mais qui doivent faire attention à ne pas galvauder leur notoriété, en produisant trop. Certains vins sont parfois surcôtés et il ne faudrait pas que la clientèle se demande, à un certain moment, si elle ne paye pas trop cher des vins qui ne le méritent pas. Je recherche toujours des bons rapports qualité-prix et vous trouverez les meilleures adresses dans les lignes qui suivent. Pour vous mettre en bouche, dans le Pays Nivernais, par exemple, on ne se trompe pas en poussant la porte de Thierry Redde, d’Henry Natter, des Pabiot, d’Alphonse Mellot, de Nicolas Brock, de Balland, Chevreau ou Pascal Gitton.

Toujours en blancs secs, quelques producteurs de Muscadet sortent toujours du lot, se refusant à trop arrondir leurs vins, respectant ainsi leur particularité (Dabin, Chéreau, Morilleau...), et un bon nombre d’autres élèvent de grands vins de Chenin ou de Sauvignon, aux environs de Tours, de Saumur et d’Angers (Brézé, Louet-Arcourt, Éternes, Chaise...). Ne pas oublier les Crémants et Saumur ou Vouvray, dont la locomotive incontournable est Patrice Monmousseau (Bouvet), suivi de quelques autres (Beauregard, Valmer...).

Dans le reste des appellations, par exemple, en Saumur-Champigny, Chinon... les vins restent à des prix très accessibles, ce sont des vins servis dans les restaurants grâce à leurs prix très attirants, leur qualité est certaine, les vignerons ont toujours fait des efforts, et ne sont pas rentrés dans l’engrenage de la surmaturation ou d’une surconcentration en barriques, restant fidèles à la typicité de leurs sols où se plaît parfaitement le Cabernet franc, et je les soutiens. Il suffit de citer Filliatreau, Pisani-Ferry, Buisse, Couly, Raffault, Jamet, Chaintres, Guilloterie... pour avoir des vins remarquables. Idem en Touraine (Marionnet, Mandard...), ou en Anjou-Saumur (Aupy, Paleine...).

L’autre grande force de la Loire (côté ouest), ce sont des moelleux et liquoreux de haute volée, qui, comme ceux d’Alsace, dament le pion aux “historiques” liquoreux bordelais qui ont eu tendance à s’endormir sur leurs lauriers. Vouvray, Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux, Coteaux-du-Layon, autant de viviers pour exciter ses papilles avec des vins chaleureux, d’une très grande expression aromatique, de lente évolution, à des prix partticulièrement sages chez Chéné, au Clos de l’Epinay, à La Varière, L’Été, Aubert, Fardeau, Godineau...

BOURGOGNE : inattaquable pour ses vins blancs, mais on entend (et on lit) beaucoup moins d’amabilités sur les rouges. Qu’en-est-il ?

La Bourgogne est un cas à part car c’est un “petit” vignoble en France. Certes, la Bourgogne du sud dans le Mâconnais est une région assez grande mais quand on parle de la Bourgogne on fait plutôt référence à la Côte de Nuits et à la Côte de Beaune. Si l’on s’en tient donc à ces deux entités, je trouve que depuis 7 ou 8 ans les vins sont exceptionnels, que ce soit en blanc comme en rouge. On déguste des vins qui conservent cette puissance de rondeur, de souplesse et de suavité mais aussi cet équilibre avec l’acidité qui en fait des vins de longue garde.

Globalement les Bourguignons n’ont pas changé leur façon de faire le vin. Ils ont, bien sûr, évolué et se servent des techniques modernes, et c’est bien normal, mais les grands vins de Bourgogne sont quand même les mêmes que ceux que l’on goûtait il y a quelques années. Ils ont eu raison de ne pas se laisser tenter par les “sirènes” ou “confrères” qui leur demandaient de faire des vins avec plus de couleur, toujours plus concentrés... et on se rend compte que les clients acquiescent cette politique car les vins sont pré-vendus.

En blanc, c’est sûr, il n’y a aucune concurrence. Si besoin est, débouchez les flacons d’Ampeau, Antonin Guyon, Clos des Perrières, Prieur-Brunet, Carillon, Doudet-Naudin, Jaffelin, Darviot, Marey, Blondeau-Danne, Dubreuil-Fontaine, la majorité (vous lisez bien) à des prix particulièrement justifiés ou abordables. Idem à Chablis, avec des Grands et Premiers Crus très racés que l’on savoure chez Tremblay, Robin, Moreau, Geoffroy ou Laroche, toujours incontournables. Plus au sud, il y a la famille Vincent, à Fuissé ou Protheau à Mercurey, qui valent le détour. Beaucoup d’autres suivent, et sont retenus régulièrement dans mon Guide et Millésimes.

En rouge, certains pensent, en effet (et proclament, mais il faut pardonner l’ignorance), que les vins de Bourgogne ne font pas partie des plus grands vins du monde, ne parlant que de Bordeaux. Je suis intimement convaincu du contraire, quand on goûte des vins assez vieux (1976, 1989, 1996, 1997...) mais aussi les derniers millésimes, les vins sont très équilibrés, toujours assez légers en couleur mais c’est normal avec le Pinot noir. On ne plante pas du Grenache ou de la Syrah ici, et la couleur n’a rien à voir avec la qualité du vin, et encore moins avec son potentiel d’évolution. Franchement, n’y-a-t-il pas de quoi être heureux, dans toute la gamme, à tous les prix, avec les vins de Lamarche, Thomas-Moillard, Trapet, Rebourseau, d’Angerville, Clos des Lambrays, Esmonin, Monts-Luisants, Leclerc, Audoin, Prunier, Patriarche, Gerbet, Joliot... On se rend compte également que ceux qui commencent à boiser trop leur vin ne font que le dessécher, mais les cas sont minimes et proviennent surtout de quelques négociants beaunois, attirés par de bonnes notes de critiques, pour pouvoir exporter, comme les mouches par le miel.

VALLÉE DU RHÔNE : les vins sont bons et charnus.

C’est un grand vignoble, très étendu, et les vins sont très disparates. En crus comme à Châteauneuf-du-Pape par exemple, tout va bien, les vins sont cohérents quant au rapport qualité-prix qui est en accord avec la typicité et le potentiel d’évolution. Montredon, Quiot, Fortia, Mathieu... font des vins chaleureux, et, somme toute, très abordables quand on parvient à un tel niveau de qualité. Même si j’ai goûté ici de très bons vins depuis le premier Guide, les efforts se sont poursuivis également dans les appellations alentour, comme Gigondas, par exemple, où l’on se fait plaisir avec des vins à 10, 15 €, à Rasteau et à Visan, on trouve des vins formidables à des prix moindres. Vous remarquerez que ces appellations ont souvent pour fer de lance leur caves, ce qui en fait un bel exemple de solidarité qualitative et d’une motivation de toute la production.

Le Nord, avec Condrieu, Cornas, Saint-Joseph ou Côte-Rôtie, est également un vivier de beaux vins, bien que certains se soient orientés vers quelques cuvées trop puissantes ou trop marquées par le bois neuf, course à l’export oblige, encore hélas.

__PROVENCE : vers une remontée forte du rosé ? __ Ici, les vignerons ont la chance d’avoir un climat exceptionnel grâce au mistral. Ce qui a le plus évolué, c’est que l’on assiste à une belle remontée de la qualité du rosé. De gros efforts qualitatifs ont été fournis, et les rosés de Provence des propriétaires que nous connaissons (je ne parle pas de la “grande cavalerie”, toujours existante) sont redevenus des vins tout à fait intéressants avec une typicité en fonction de leurs cépages, de leurs appellations, et il y a une belle reprise de confiance des amateurs. Et là, en plus, il n’y a aucune concurrence au niveau mondial, car il n’y a rien de similaire ailleurs. L’appellation des Coteaux d’Aix en Provence va dans ce sens et l’on ne peut que l’encourager.

C’est donc un bon créneau, s’il tire vers le haut, mais qui ne doit surtout pas masquer pour autant les vins exceptionnels que l’on trouve (plus rarement) en rouge et en blanc. Passez à Bormes-les-Mimosas (Malherbe), à Taradeau (Rasque), à Bandol évidemment (Bronzo, Bunan, Olivette, Lafran-Veyrolles, Suffrene...), revenez en Côtes-de-Provence (Brégançon, Élie Sumeire, Jas d’Esclans, Sauveuse...) et vous aurez de quoi faire avec des vins complexes et charnus en rouges, suaves et vifs en blancs, qui demandent tous une cuisine raffinée et riche. Tous les vins de mes Classements sont à un beau niveau.

LANGUEDOC : est-ce toujours l’avenir ?

En Languedoc, on se cherche, et depuis bien longtemps. Faut-il faire du vin de table, du vin de qualité, planter, arracher, créer des micro vins, faire des vins de cépages, vendre de la marque Merlot ou Chardonnay (qui n’a pas grand chose à faire dans le coin) selon la cible potentielle, faire des produits pour les jeunes, pour les femmes, pour le 3e âge... La politique, les pouvoirs publics se mêlent et s’emmêlent depuis quarante ans, sans trouver de solution.

Ici, il y a également une crise sociale injustifiée à résoudre (comme à Bordeaux, on le verra plus loin) et il n’est pas excusable que le travail de centaines de producteurs ne soit pas rémunéré décemment. Ce n’est pas normal, et encore moins de dire que c’est de la faute des vins du “nouveau monde”.

Je ne soutiens pas non plus les regroupements massifs tentés ici ou là, à Bordeaux comme à Narbonne, qui vont sûrement profiter aux “gros” distributeurs, même si, et j’en suis conscient, on a également besoin des meilleurs d’entre eux pour écouler la production. Mais on peut vendre sans perdre son identité d’appellations ou de territoires. La nouvelle mention “Sud de France”, par exemple, si elle apporte peut-être un éclaircissement sur l’ensemble de la région, va à l’encontre de ce que je crois : développer les niches plutôt que d’amalgamer les appellations, en perdant ainsi le peu de lisibillité que l’on a, en gommant encore plus l’identité...

Le Languedoc, ce Sud de la France, ce n’est quand même pas une marque de négociant !

Sur un autre plan, je ne suis pas certain que l’on ait découvert l’eldorado, même si l’arrivée massive d’investisseurs et de bordelais a permis d’acheter des terres à bon prix et d’avoir quelques coupures de presse. De nombreuses cuvées spéciales sont trop “spéciales” justement, et cela engendre une dénaturation des vins, on goûte beaucoup de vins assez écoeurants, surboisés avec des micro-cuvées trop chères. Ce problème s’étend aux vins de cépages. Ne fait pas Daumas-Gassac qui veut.

Il n’y a donc pas de mystères dans la région, et les territoires sont connus. Les meilleurs producteurs élèvent des vins racés et typés, qui ont su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Vous les trouverez en Corbières (Grand-Caumont, Vaugelas, Simone Martinolle, Étang des Colombes...), en Minervois (Fabas, Blomac, Villerambert-Moureau, Barroubio...), en Coteaux du Languedoc (Cave de Roquebrun, Mire-l’Étang, Saint-Martin des Champs...) et en (rares) vins de pays.

SUD-OUEST : calme plat

J’aime bien ces vins.Ils sont bons, abordables (pas tous, il y a des cuvées à prix vraiment déments, je les oublie dans mes écrits). Par contre, on sent une sorte d’inertie parmi les viticulteurs ou la profession, on ne sait pas si c’est passager mais on n’entend pas beaucoup parler de Fronton, de Cahors, de Bergerac, de Gaillac, de Jurançon ou de Madiran, qui manquent de visibilité. On voit de temps en temps de grandes affiches dans les rues des vins de Bergerac, un dossier de presse sur Gaillac, un autre sur le Cahors “primeur”...

Là encore, on s’est “regroupé”, soi-disant pour avoir les moyens de sa promotion. ?On attend de voir, et chaque syndicat fait ce qu’il veut. Ce qui compte, c’est de frapper à la bonne porte, ceux que nous soutenons depuis longtemps sont toujours à la tête de leur appellation, ont confiance dans leur gamme, et nos Classements sont assez parlants.

CHAMPAGNE : tout va très bien !

C’est la région qui a le mieux travaillé depuis 20 ans, les grandes maisons certes, mais ce sont surtout les producteurs qui ont le plus développé la qualité et leur image. Il existe une vraie entente cohérente entre grande maisons et viticulteurs, même s’il y a des jalousies, ils savent se respecter, négocient, régulent le marché...

Le résultat est probant, la Champagne est la seule appellation mondiale sans concurrence qui est en croissance extrêmement forte, qu’elle va poursuivre. Aucun Cava, ni mousseux, français ou étranger ne peut lutter qualitativement et en terme d’image avec le Champagne.

Ici, il y a également une notion de Cru, de terroir, ce qui n’existait pas auparavant, car on parlait plus de l’assemblage, qui demeure bien sûr un paramètre important.

Le Champagne a démontré que ce n’est pas uniquement un verre rempli de bulles mais qu’il y a une vraie typicité, une différence entre un Chardonnay planté au Mesnil-sur-Oger et un autre à Bouzy. C’est une force formidable que la Champagne ait compris que l’impact de son sol était à mettre en avant, qu’il ne s’agissait plus uniquement de vendre un vin de fête mais aussi un vin de table. Nous, cela fait des années, que nous le savions, nous avons suivi et soutenu l’évolution des vignerons champenois bien avant que leurs ventes ne se soient autant développées. Je me souviens que, beaucoup de professionnels, s’étonnaient, à l’époque, lorsque, dans mes classements, je plaçais en premier, parfois à côté de grandes maisons historiques, des vignerons totalement inconnus qui sont maintenant respectés dans le monde entier.

Tout a changé ici.

En gros, il reste une poignée de maisons familiales et exceptionnelles (Roederer, Pol Roger, Taittinger, Gosset, Thiénot...), d’autres, tout aussi respectables, intégrées dans des groupes (Philipponnat, Piper et Charles Heidsieck, Krug, Ruinart, Laurent-Perrier...), des coopératives de premier plan (Devaux, Vincent d’Astrée, Collin, De Castelnau...) et il y a une véritable explosion qualitative de la propriété (De Sousa, Peters, Ellner, De Telmont, Mignon, Bara, Geoffroy... et beaucoup d’autres).

BORDEAUX : la crise, les classements et la frime...

À Bordeaux, il faut faire des distinctions.

Il y a d’abord une dizaine de vins mythiques d’un niveau qualitatif exceptionnel mais très chers. Il est difficile d’en parler comme d’autres vins, car on entre dans le monde du luxe où l’image et la rareté comptent beaucoup.

Il y a ensuite la masse des grands crus classés, dont certains, beaucoup moins prestigieux, plus à la mode (pas mal de vins surbarriqués sont dans le lot), ont atteint des prix incautionnables, car, pour ceux-là, il est toujours question de rapport qualité-prix, ne leur en déplaise. Force est de constater que l’on retrouve ces bouteilles de moins en moins dans la restauration française et dans nos caves, leur prix devenant un frein réel. Ces vins-là, à forte valeur ajoutée, sont vendus majoritairement à l’export, délaissant, à tort, le marché français. Je me demande quelle serait la réaction du Japonais qui a sa cave remplie de ces vins-là, et ne les verrait pas en France.Il pourrait se demander s’il ne s’est pas fait avoir ?

Heureusement, il y a les très grands vins, très classiques, où l’élégance prédomine (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Lynch-Bages, Brane-Cantenac, Rauzan-Segla, Rauzan-Gassies, Desmirail...).

Dans le Libournais, on est toujours dans l’expectative. D’un côté les vrais grands vins marqués par des territoires que personne ne peut nier, de Petrus à de nombreux autres crus d’une typicité exceptionnelle, dans une gamme large, où l’élégance s’allie à la structure, selon les sols et rien d’autre, sans artifices (Magdelaine, Bélair, Certan de May, Lamarzelle, Beauregard, La Croix, Laroque, Guadet, Balestard...).

En face, il y a des vins bien différents (particulièrement à Saint-Émilion ou en Côtes-de-Castillon), beaucoup trop boisés, trop concentrés, desséchés, qui n’ont aucun intérêt mais nous ne parlerons pas d’eux, tant ils sont encensés de facon indécente par des “gourous” français ou étrangers.

À quoi bon créer des vins écœurants comme de l’encre, faire des “produits” à 15° quand la région bordelaise a, depuis toujours, su faire primer la distinction.

J’ai débuté avec des “pointures” mondiales comme Jacques de Loustaunau, Émile Peynaud, Ribéreau-Gayon, ils s’attachaient tous à défendre cet atout essentiel de Bordeaux : élever de grands vins capables d’associer la puissance et l’élégance, et la durée dans le temps. Jean-Claude Berrouet (œnologue de Petrus, entre autres) est dans la lignée.Il signe quelques-uns des plus grands vins du monde et sait que la (grande) qualité n’a rien à voir avec un élevage outrancier en bois neuf, ni à des artifices techniques.

Le marché intermédiaire (8 à 20 €) est un formidable vivier, qui fait la force de Bordeaux, dans toutes les appellations, aussi bien dans le Médoc, à Saint-Émilion, ses satellites, que dans les Graves ou les Côtes... On a plaisir à déguster des vins typés, très bien faits, qui bénéficient d’une belle série de millésimes grâce aux étés chauds, donnant des vins savoureux plus faciles à boire rapidement mais aussi d’un beau potentiel de garde.

Les 2004 et 2001 sont des millésimes que j’affectionne particulièrement, un peu à l’ombre des grands millésimes médiatiques et c’est dommage, car ils sont l’archétype classique du bordelais, où la finesse prédomine, des vins très prometteurs. Les viticulteurs font des efforts de qualité, sont efficaces, travaillent bien dans leur chai mais aussi à la promotion de leurs vins, car il ne s’agit pas de ne faire que bon, il faut le faire savoir.

La majorité élève ces vins dans la grande tradition bordelaise.

Il y a également une région où les vins sont exceptionnels, Pessac-Léognan, avec des crus envoûtants, en blanc comme en rouge. À Pomerol, les vins sont restés très typés, cela correspond aussi à la mentalité des propriétaires qui respectent leur terroir et ne se complaisent pas dans l’esbroufe. Saint-Émilion est une appellation qui fait encore parler d’elle avec un classement qui fait sourire (pour ne pas dire plus), tant des déclassements restent incompréhensibles, c’est navrant.

Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes.

Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région.

En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir ! Ce qui compte, c’est de prendre du plaisir.

dimanche 25 mars 2007

Petrus, Trotanoy, Bélair, La Fleur-Petrus 2004...

Je vous l’avais promis, la voici, la voilà comme dirait Guillaume Durand : une rarissime dégustation des crus de la famille Moueix, millésime 2004, organisé par les Ets Jean-Pierre Moueix, avec Edouard Moueix (le fils de Christian Moueix) et mon ami Jean-Claude Berrouet, l’homme qui “signe” quelques-uns des plus grands crus de Bordeaux, et donc du monde. Douze vins, du plus mythique (Petrus, de Jean-François Moueix) aux plus exceptionnels (Magdelaine, Trotanoy, Certan-Marzelle…).

Voir la dégustation : http://patrick.dussert-gerber.com/

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mercredi 21 mars 2007

Le top des vins du Sud-Ouest

Le Classement regroupe les vins de cette grande « entité » Sud-Ouest, qui va du Bergerac au Cahors,du Madiran au Gaillac… L’exceptionnel rapport qualité-prix de plusieurs crus de ce Classement, dans toutes les catégories, explique leur place par rapport à d’autres crus plus connus (et souvent bien plus chers), voire par rapport à des cuvées (très) “spéciales” (ou autres “vins de garage”) qui n’ont rien à voir avec l’entité du vignoble (généralement absentes de ce Classement).

A voir : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=SUD-OUEST

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samedi 3 février 2007

Le top des bières

Les origines de la bière sont presque aussi lointaines que celles du vin, et c’est l’une des raisons qui m’ont incité à inclure ce chapitre dans un guide consacré aux vins et spiritueux européens, bien que la bière ne fasse pas partie ni des uns ni des autres.

Tous les peuples en effet ont fait de la bière, à toutes les phases de leur civilisation. Les tribus africaines en fabriquent avec du millet, les Japonais avec du riz, les habitants des Amériques, les Européens, les Australiens et les autres font leur bière avec de l’orge. On en boit dans le monde entier, surtout en Belgique où la consommation annuelle s’élève à quelque 135 litres par tête et par an, ce qui, sur ce plan, constitue un record que nous laissons à nos amis frontaliers.

La bière, c’est le nom général de toutes les espèces de bières blondes ou brunes, légères ou fortes, vendues à la pression, en bouteille ou en boîte de métal, faites avec du malt, du sucre, du houblon, de l’eau et du levain qui fait fermenter ces ingrédients. Bien évidemment, la qualité du breuvage dépend largement de ces matières premières et de leur aptitude à donner la bière souhaitée.

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dimanche 28 janvier 2007

Les Vins d'Europe

Mes voyages dans les vignobles européens m’ont permis de goûter tous les vins (et les alcools) que l'on y fait, les crus les plus connus pour mieux les savourer, mais aussi les vins totalement méconnus, mal connus, parfois difficiles d'approche, austères, faciles, trop corsés, les vins rouges demi-doux, les rosés qui pétillent, les blancs amers, ceux qui sont splendides, les autres qui sont bizarres...

Il a fallu rejeter tous les a priori, savoir pourquoi un vin espagnol était ainsi fait, excuser les rendements considérables de l'Allemagne ou de l'Autriche, me forcer à apprécier le Retsina grec (j'y suis parvenu), goûter un Fendant à Montreux, comprendre pourquoi l'Italie ne nous montrait jamais le potentiel qualitatif dont elle regorge, apprécier un Porto comme il le faut, etc, etc.

Une belle expérience de terrain, unique, libre, indépendante, sans la moindre complicité ou pression publicitaire (rien n'a été demandé aux producteurs sélectionnés, et ce n'est pas si courant, croyez-moi).

Le résultat, c'est que chaque pays fait un vin à son image, en fonction de ses habitudes alimentaires, de son histoire, de ses sols, de son climat et de ses cépages, et c'est bien normal.

Pourtant, la décennie 80 a été celle où un bon nombre de choses ont évolué, au risque de créer quelques ambiguïtés. En réalité, quelques professionnels, français et étrangers, des journalistes comme des acheteurs, des œnologues comme des producteurs, ont tenté de nous faire croire qu’ils élaboraient des vins “intellectuels” (si j’ose dire), laissant entendre que ceux auxquels nous étions habitués n’étaient plus d’actualité : on nous a chanté que les vins blancs australiens (dégustations “comparatives” obligent) étaient meilleurs que les grands crus de Corton-Charlemagne, de Soave ou du Rheingau, que des “soupes de chêne” pouvaient rivaliser avec les plus grands vins de Margaux, de Romanée, de Barolo, de Tignanello, de Rioja, que planter du Chardonnay en Italie ou en Ardèche, du Merlot ou du Pinot en Autriche, en Espagne ou dans le Languedoc allait permettre de faire des vins qui tiendraient tête aux plus grands des plus grands... bref, que seuls les nouvelles techniques ou l’élevage en barriques neuves étaient synonymes de qualité, et que “le terroir après tout, mon bon monsieur”...

Ceux-là croient encore que les amateurs n'en sont pas, ou sont des idiots.

Il y a de quoi rire. Les sensations que l'on éprouve quand on débouche un Brunello di Montalcino, un Beerenauslese du Rheingau, un Pauillac, un Rioja, vous croyez franchement que ce sont les mêmes que celles que procurent (est-ce bien le terme ? ) un rouge de Cabernet-Sauvignon d'Espagne ou un blanc de sauvignon autrichien (ou français) ?

Je passe sur les “soupes de chêne” auxquelles nous avons parfois droit, à ces vins qui se dessèchent au bout de deux ans faute de mieux...

Le vin, en tout cas celui qui nous intéresse, c'est autre chose. C'est toujours un moment de plaisir, de partage et d'art de vivre. Il faut rester passionné, subjectif, un rien rêveur dans ce domaine, laissant comme Apollinaire la place à l’imaginaire, en restant humain tout simplement, sans disséquer tout, sans chercher à tout prix à se distinguer du voisin, en parlant “produit, parts de marché, mode, régime, thermorégulation...”. Qu'il provienne de Toscane, de Navarre, de Rhodes, de Moselle ou de la vallée du Rhône, un beau vin, un vrai vin, ce n’est pas une boisson, et cela mérite mieux. Quand on voit les débats qu’engendrent les campagnes anti-alcooliques, cela me navre que l’on ne distingue pas le “Sang de la Terre et du Ciel” cher à Baudelaire, du vulgaire picrate que l’on avale sans soif. Et cela me choque que ceux qui vivent en faisant des vins-boissons soient les premiers à vouloir défendre leur bibine... Il ne faut pas confondre. Il existe les vrais vins et les autres, les premiers sentant leur terroir, les traditions, les us et coutumes de leur pays, apportant la notion même de civilisation. On s'en rend d'autant plus compte dans des pays historiques de la vigne et du vin comme la Grèce ou l'Italie.

Et puis, à Genève ou à Cadiz, à Chablis ou à Stuttgart, à Samos ou à Montepulciano, il n’y a pas de vin sans homme. Le divin breuvage a besoin d’être élevé, éduqué, chéri, par celui qui le fait comme par celui qui le goûte.

Soyez comme moi en ce domaine : insensible aux modes, à des dossiers de presse bien ficelés, ou à des campagnes de publicité envahissantes qui ne vantent que des vins sans vice ni vertu, en oubliant les hommes ou la force du terroir (et pour cause).

Il ne faut donc aimer et respecter que les vrais vins, ceux qui ont une âme et des parents (entendez des vignerons), qu’ils soient aristocrates ou paysans, qu’ils “couvent” un simple vin de pays ou l’un des plus grands crus de la planète. Il faut savoir rester fidèle à cela, et le faire partager.

Vous verrez que l'on fait des bons et des mauvais vins partout, ceux au travers desquels une tradition s'exprime, et ceux (hélas) qui ne nous apportent rien d'autre que de pouvoir les boire. Il s'agit donc de savoir choisir comme il le faut et de pouvoir avoir accès uniquement aux meilleurs, dans n'importe lequel de ces pays d'Europe.

Edito (extrait et remanié) du Guide des Vins d'Europe de Patrick Dussert-Gerber (Albin Michel).

Et :

http://patrick.dussert-gerber.com/vins-dailleurs/

samedi 27 janvier 2007

France 2007, Classements

Du Bordelais à la Champagne, de la Provence à la Loire... tous mes classements actualisés.

Voir : http://www.millesimes.fr/

Les saveurs des vins espagnols

On peut diviser le vignoble espagnol en trois grandes zones, chacune d’entre elles subdivisée en plusieurs secteurs et appellations :

- La partie septentrionale, de l’ouest (Galice) à l’est (Aragon et Catalogne) en passant par le centre (Rioja et Navarre).

- La grande partie “centrale”, avec les vignobles de la Castille, bien qu’une partie de ses vignobles soient proches de ceux du Nord (Ribera del Duero, Rueda), qui englobe à l’ouest l’Estrémadure, au centre La Mancha et Valdepenas, puis, à l’est les vignobles de Valence, d’Alicante et de Murcie.

- La partie méridionale, concentrée à l’ouest (Jerez, Huelva), au centre (Malaga, Montilla), puis, totalement à part, les îles Canaries.


L’ESPAGNE SEPTENTRIONALE

La Galice

Rias Baixas C’est la DO qui longe l’Atlantique, autour de Pontevedra. Le climat est océanique, relativement humide, avec des températures moyennes. Le cépage qui se plaît le plus ici est l’Albarino, un raisin blanc assez alcoolisé, qui donne des vins caractéristiques, très aromatiques.

Ribeiro L’appellation touche la frontière portugaise. Le climat est relativement humide et les cépages rouges sont les Garnacha, Alicante, Mencia et Ferron et Palomino, Treixaduras et Torrontes pour les blancs, qui sont meilleurs. Les vins sont bien équilibrés en acidité, assez alcoolisés (de 9 à 13°), à la fois nerveux et souples en bouche.

Valdeorras Plus à l’intérieur des terres espagnoles, en remontant vers la région de Leon, se trouve la petite appellation Valdeorras, plantée des cépages Garnacha, Mencia et Grao Negro pour les rouges, et Palomino, Dona blanca et Albillo pour les blancs. Le climat est beaucoup plus continental, avec des influences océaniques relativement importantes.

La Navarre

La Navarre, au sol calcaire couvert d’alluvions, est considérée à juste titre comme la région d’Espagne (avec la Catalogne) qui élabore les meilleurs rosés, d’une saveur fruitée, frais et tendres à la fois. Désireux de développer la production de (bons) vins rouges, les responsables de l’Evena, la station de viticulture de Navarre, commencèrent à planter des parcelles expérimentales dès 1982 et incitèrent les producteurs à arracher leurs vieux cépages, et à planter du Tempranillo ou, plus rare, du Cabernet-Sauvignon ou du Merlot (hélas). Cinq secteurs se répartissent l’ensemble des vignobles de Navarre.

Baja Montana Ce premier secteur est situé au nord-est de la région et regroupe 14 communes (Javier, Sanguesa, Aibar, Caseda...), où les principaux cépages cultivés sont le Garnacha et le Tempranillo. C’est la partie la plus humide de la Navarre, où les vendanges sont plus tardives et abondantes que dans les autres secteurs. Les rosés sont assez réussis, parfumés et fermes, comme certains jolis rouges, bien marqués par le Tempranillo.

Ribera Alta Cette zone est située au centre de la région, dans les contreforts montagneux, et s’étend autour de 24 communes (Carcar, Lodosa, Falces...). C’est le plus grand des cinq secteurs de la Navarre où l’on trouve quelques-uns des meilleurs vins de la région, issus principalement des cépages Garnacha, Viura, Tempranillo et Malvoisia. Les rosés sont légers, ronds et aromatiques, à boire jeunes, les rouges souples et fruités, et les blancs secs et tendres.

Ribera Baja Au sud de l’appellation, autour de Tudela, ce secteur très chaud et très sec regroupe 13 communes (Cascantes, Murchante, Ablitas...). Le principal cépage est le Garnacha pour les rouges, intenses en couleur et charpentés. A noter un bon Moscatel doux.

Tierra Estella 26 communes (Bargota, Sanson, Los Arcos, Arellano...) font partie de cette aire, située au sud-ouest, et plantée de Tempranillo, Garnacha, Viura (de jolis blancs vifs et parfumés), Mazuelo et Granciano. Quelques bons rouges.

Valdizarbe 24 communes (Oloriz, Leoz, Artaja, Unzué...) au nord de la région, avec un climat sec. De bons rouges et rosés issus des Garnacha et Tempranillo.

Enfin, pour les rares blancs qui méritent une mention, tous de purs Viura, buvez-les avec des truites (les truchas) cuites au vin.

La Rioja

La meilleure région viticole d’Espagne, où les superbes rouges Reserva et Gran Reserva prennent le temps (des années) de “mûrir” en fûts pour parvenir à s’exprimer au mieux, dévoilant des qualités insoupçonnées.

Le fleuve Oja donna son nom à cette région au sol pierreux, réputée depuis toujours pour ses vignobles et ses vins. La légende veut que dans l’année 500, un “miracle” se produisit : celui de San Milan de la Cogolla qui multiplia le vin pour donner à boire aux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle... En 1848 déjà, les vins de la région prennent l’appellation de vins de la Rioja, dont l’élaboration était suivie, dès 1888, par la station œnologique de Haro, grâce aux attentions de la reine Dona Maria Christina.

Le climat est rude, montagneux, continental dans la Rioja Alavesa et la Rioja Alta, et plus chaud dans la Rioja Baja. Le vignoble se situe le long de la vallée de l’Ebre, entre Haro et Alfaro, et dans l’arrière-pays. La région se divise selon l’altitude en trois secteurs bien délimités : Rioja Alta, Rioja Alavesa et Rioja Baja, d'où proviennent pour être assemblés la plupart des vins de la Rioja, l’exception confirmant la règle.

- Rioja Alta Les vignobles sont plantés dans la Rioja Alta (Haute-Rioja), dont les Tempranillo, Garnacha, Mazuelo, Graciano pour les rouges et rosés, Viura et Malvasia pour les blancs.

- Rioja Alavesa Les vignes (Tempranillo très majoritaire, Garnacha et Viura) couvrent ce territoire situé dans la province d’Alava, autour de 18 communes dont celles de Laguardia, Lanciego, Labastida, Oyon, Villabuena de Alava ou Banos de Ebro. Les terres sont calcaires et argileuses. Les vins rouges sont parmi les plus riches et corsés de toute l’Espagne.

- Rioja Baja Le vignoble (Garnacha majoritaire), pour ce secteur plus aride, influencé par la Méditerranée, très ensoleillé et beaucoup plus sec, où les précipitations annuelles ne dépassent pas 250 millimètres à Alforo, dans le Sud. Les rouges sont très alcoolisés (parfois jusqu’à 18°!), très corsés, et sont généralement une bonne base d’assemblage avec les vins des deux autres secteurs. Les meilleurs sont riches et savoureux.

L’Aragon

Les régions de Castille-Leon et d’Aragon, situées au nord de Madrid, conservent l’une des plus anciennes traditions vinicoles d’Espagne. C’est là que sont aussi élaborés quelques-uns des meilleurs rosés ou rosados espagnols, assez puissants et intenses en bouche, qui “tiennent” fort bien sur des mets très épicés.

Campo de Borja Situé juste après celui de la Navarre, ce vignoble est sous l’influence d’un climat rude, très chaud en été, froid en hiver, où les brouillards sont fréquents. Son nom provient des Borgia, la célèbre famille du XVe siècle. Les meilleurs vins sont les rouges, issus des Garnacha (majoritaire) et Tempranillo, des vins puissants, presque “lourds”, en tout cas extrêmement corsés, même si les millésimes récents bénéficient parfois de vinifications plus souples. Les rosés sont assez caractéristiques de l’Espagne actuelle : d’une part, on en goûte de jeunes, frais et fruités, d’autre part, dans un style totalement différent, on en déguste de puissants, beaucoup plus alcoolisés, peut-être plus difficiles à boire mais savoureux en bouche, et qui évoluent correctement.

Carinena Le vignoble est situé au sud de Zaragoza, de climat continental comme celui de Campo de Borja, avec des précipitations faibles. Des rouges de 14°, bien évidemment chauds et intenses, qu’il faut rafraîchir un peu, surtout s’ils sont jeunes. Bons rosés, frais, pleins et persistants.

Somontano Au nord de Zaragoza, vers Huesca. Ici, ce sont surtout les blancs qui méritent d’être cités.

La Catalogne

La Catalogne s’étend de la frontière française au sud de Tarragone, et bénéficie du climat méditerranéen. On y fait des vins assez caractéristiques, la plupart du temps moins alcoolisés, moins “lourds” que dans le reste du pays, mais qui possèdent une originalité certaine, notamment en rosés et en rouges. Du nord au sud de cette région, huit appellations.

Ampurdan-Costa Brava C’est la Dénomination d’Origine (DO) la plus proche de la frontière française, où l’on fait des vins rouges, rosés et blancs. Les rosés me semblent les plus agréables, généralement secs, un peu corsés et bouquetés, de bonne bouche, bien vinifiés.

Alella L’appellation est petite et située au nord de Barcelone. Vous y trouverez surtout des vins blancs (cépages Pansa blanca, Xare-lo), légers et fruités, secs ou demi-secs.

Conca de Barbera Une autre petite DO située dans l’arrière-pays de Penedès. J’ai un bon souvenir du rosé pur Trepat de Concavins, bien fruité au nez comme en bouche, et le Blanc de blancs provenant des Parellada et Macabeo, bien équilibré, assez persistant, qu’il faut boire jeune et très frais.

Costers del Segre Une appellation située autour de Lerida et de Tarragone, où les trois couleurs sont vinifiées. En réalité, je crois que je préfère les vins rosés de Penedés à ceux des autres couleurs. Est-ce leur fruit puissant, cette façon d’être à la fois ronds et secs, leur teinte légèrement saumonée...

Tarragona C’est la plus grande DO catalane, au sud du Penedés, au climat varié selon les aires de l’appellation et l’influence ou non de la côte méditerranéenne. Plusieurs types de vins sont élaborés ici, du plus sec des blancs aux vins de liqueurs, en passant par les Rancio, les rosés et les rouges.

Priorato A mon avis, c’est ici que vous trouverez les meilleurs rouges de Catalogne. Le climat méditerranéen, contrarié par les vents du nord, et le sol pauvre de cette DO située près de Tarragone conviennent bien aux cépages Garnacha et Carinena pour les rouges que j’ai tout particulièrement appréciés, comme aux Macabeo et Pedro Ximénez pour les blancs.

Terra Alta L’appellation est située, comme son nom l’indique, dans les “terres hautes”, c’est-à-dire loin de la côte. Plusieurs vins blancs, issus principalement du Garnacha et du Macabeo, frais, fruités, agréables en bouche, bien faits. Les vins rosés sont puissants, corsés et alcoolisés (de 12 à 16°), et demandent à être dégustés à l’ombre, comme les rouges tout aussi corsés.

Enfin, pour l’anecdote touristique, vous pouvez profiter de votre séjour aux îles Baléares pour découvrir les vignobles de l’appellation Binisalem, et, celui d’Ibiza, un vin que j’apprécie régulièrement.

L’ESPAGNE CENTRALE

L’Estrémadure Une seule DO, Tierra de Barros, située au sud de cette région étendue et sauvage qui longe le Portugal. C’est le rouge que j’ai trouvé assez réussi, provenant des Tempranillo, Garnacha et Graciano, au nez intense, “chaud” et puissant.

Castilla-Leon Au sud-ouest de la Rioja, de l’autre côté de la Sierra de la Demanda, commence la grande région de Castille, habituellement divisée en deux parties : Castilla-Leon et Castilla-La Mancha. Quatre Dénominations d’Origine à retenir dans la région de Castilla-Leon.

- Bierzo Très peu connue, une DO où l’on produit des vins des trois couleurs, les rouges et rosés étant issus des cépages Mencia et/ou Garnacha.

- Ribera del Duero C’est la région du fameux Vega Sicilia, un bon exemple de la notion même de la typicité d’un cru, puisque ces mêmes supporters apprécient surtout l’omniprésence de fûts et de cépages qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’Espagne (Cabernet-Sauvignon, Malbec, Merlot), et viennent épauler le riche cépage local majoritaire Tinto Fino. Un Vega Sicilia, c’est donc rare, très bon, intense et savoureux, d’excellente garde, mais c’est aussi moins typé que ne peuvent l’être des rouges de la même appellation. On trouve aussi de bons rosés, secs et parfumés.

- Rueda Une DO spécialisée en vins blancs (cépage Verdejo très majoritaire, puis Viura et Palomino). Un bon rosé issu de Garnacha.

- Toro Non loin de Rueda, une petite appellation où vous découvrirez des rouges classiques (cépage Tinta de Toro), colorés et corsés, de bonne évolution. Quelques blancs bien vinifiés, provenant des cépages Malvasia ou Palomino, et surtout des rosés à la fois secs et ronds, bien fruités.

Castilla-La Mancha Trois vignobles, Mentrida, Valdepenas et La Mancha, qui rejoint les premiers vignobles d’Almansa.

- Mentrida Le vignoble, difficile à cataloguer, se situe juste entre les deux grandes parties de la Castille, la Castilla la Lora (ou vieille Castille) et la Castilla la Neuva, dénommée aussi la Castilla la Mancha, dans une région que vous traverserez en allant de Madrid à Tolède. Des vins rouges et rosés corrects, issus principalement du cépage Garnacha, corsés et puissants, avec cette pointe d’amertume caractéristique. Le rosé tient bien, un peu frais, sur une paella.

- La Mancha Le pays de Don Quichotte, austère, est aussi un véritable océan de vignes : la région de la Mancha est la plus vaste Denominacion de Origen du monde et tous les villages que vous traverserez (Manzanares, Tomelloso...) ne vivent que par le vin.

Mancha provient de l’arabe manxa ( “terres arides”) et ces sols où courent les vignes à la recherche de fraîcheur produisent des rendements qui feraient pâlir d’envie la plupart des vignerons. Le climat est toujours rude ici, continental, semi-aride, et les “petites” années sont un concept pratiquement inconnu des viticulteurs de la Mancha. Tout cela serait pour le mieux si l’on ne cultivait que des cépages rouges, très adaptés ici. Pourtant, paradoxe oblige, plus de 80% des vignobles sont plantés avec le (très) prolifique cépage blanc Airén (on se demande parfois le pourquoi de telles absurdités). Partout, on fait donc des vins blancs, du sec au douceâtre, beaucoup plus marqués par leur vinification (maîtrise des températures...) que par leur terroir, bien faits certes mais bien souvent “sans vice ni vertu”, et la plupart des coopératives de la région en proposent. Je préfère les rouges bien typés par le Cencibel (version manchega du Tempranillo).

- Valdepenas Ce sont très certainement les bergers ibères, nomades et errants, fatigués de la transhumance, qui décidèrent de s’installer sur les rives du Jalon, dans une vallée de Penas. C’est là, sur le coteau, qu’ils plantèrent le premier vignoble. La grande impulsion de Valdepenas ne vint, cependant, qu’à partir du XVIIIe siècle, lors de la construction du chemin royal qui reliait la capitale de l’Espagne à l’Andalousie. Les tonneaux et les jarres font ainsi la conquête de plusieurs marchés grâce à la qualité des vins qu’ils transportent. Aujourd’hui, ce sont surtout les cuves en acier inoxydable que l’on rencontre dans ce pays. La DO Valdepenas est plantée sur des terrains du miocène, composés d’argiles, de marnes et de sables autour de Valdepenas, Alcubillas, Moral de Calatrava, San Carlos del Valle, Santa Cruz de Mudela, Torrenuva, Torre de Juan Abad, Granatula de Calatrava, Alhambra et Montiel. Les blancs issu du cépage Lairen (ou Airen) sont en l’occurrence assez peu corsés, légers en bouche, et peu alcoolisés. Quelques rosés bien faits, et surtout des rouges (cépages Airen et Cencibel) qui ont plus de corps, intenses, fruités, ronds et savoureux en bouche, très attirants par leur originalité. C’est un bon exemple de la typicité de crus épicés, auxquels il faut savoir s’habituer, sans vouloir les comparer avec d’autres vins.

La région de Valence

Plusieurs DO : Utiel-Requena, Valencia et Alicante, puis, en remontant vers l’ouest, mitoyens, les vignobles de Murcie (Yecla, Jumilla), et celui d’Almansa, qui rejoint la région de la Mancha, vers Albacete. Les aires vinicoles se concentrent autour de Valence et d’Alicante. Les Grecs et les Phéniciens importaient déjà du vin des ports de Denia et Javea, et ce commerce florissant a stimulé l’expansion du vignoble jusqu’aux autres régions. Du temps des Romains, des chroniques de Martial et Pline faisaient déjà l’éloge des vins de Sagunto. La région offre une gamme de vins très variée, allant des rosés fruités de Utiel-Requena (voir plus loin) aux rouges corsés du Alto Turia d’Alicante, en passant par des blancs intéressants, des rosés et rouges plus ou moins doux, qui peuvent aller de 11° (et parfois moins) jusqu’aux “pâteux” qui atteignent 16° naturels.

- Utiel-Requena Située à l’extrémité ouest de la province de Valencia, à une altitude moyenne de 700 mètres, cette zone a, elle, surtout une production de vins rouges et rosés issus des Tempranillo, Garnacha et Bobal.

- Valencia L’appellation est divisée en trois zones (subzons) différentes : Valencia-Alto Turia (2 700 ha), au nord-ouest de la province de Valencia, à une altitude moyenne de plus de 600 mètres, sur un terrain limon-sablonneux, où l’on produit principalement un vin blanc sec issu du Merseguera ; Valencia-Valentino, une zone située dans la partie centrale de la province, avec une altitude moyenne de 250 mètres, sur un terrain calcaire. Des rouges corsés et savoureux issus des Bobal, Garnacha et Tintorera, et des blancs tout aussi typés, mais parfois décevants, provenant des cépages Merseguera, Malvoisia et Pedro Ximénez ; et Valencia-Clariano enfin, au sud de la province, où se cultivent les cépages Monastrell et Garnacha pour les rouges, Merseguera, Malvasia et Tortosi pour les blancs. Au nord de la région, se trouve la province de Castellon.

Alicante Cette zone, où l’on produit surtout des vins rouges, s’étend à une altitude de 350 à 500 mètres, sur des sols principalement calcaires. Les vins que j’ai retenus sont colorés, classiques de la production espagnole, assez corsés, parfois un peu trop alcoolisés, mais généralement bien faits, comme ceux de la maison Eval. La contrée de La Marina complète cette région, qui est une zone côtière située au nord où s’élabore un excellent muscat.

Yecla Un petit territoire enclavé entre les vignobles d’Alicante et de Jumilla, au sol pierreux et calcaire. De bons rouges, très colorés, intenses au nez comme en bouche, bien équilibrés.

Jumilla J’ai dégusté d’assez bons blancs issus principalement du Lairen , relativement corsés, fruités et frais. En rouges, le bon Monastrell.

Almansa L’appellation s’étend entre les vignobles de Valence et les premières terres de la Mancha. Un bon rouge (Cencibel majoritaire, Monastrell et Garnacha), de couleur rubis, corsé, associant rondeur et structure.

L’ESPAGNE MÉRIDIONALE

Quatre dénominations d’origine (Montilla, Malaga, Condado de Huelva, et le seigneur Xérès), puis, face au Maroc, les îles Canaries.

Montilla-Moriles Une DO (Dénomination d’Origine) récente et des vins que j’ai découverts par hasard, sur place, semblables à leurs voisins de Xérès, issus de sols gris clair riches en chaux.

Malaga Voilà bien des vins et des vignobles méconnus situés au nord-est de Jerez. Qualité oblige, l’erreur est réparée.

Condado de Huelva De jolis vins moelleux de dessert, le Palido, jeune et sec, et le Viejo, vieilli en solera, parfois sec mais surtout doux

Le Xérès Le Xérès, c’est l’Andalousie. Dans cette région superbe, où les taureaux côtoient les haciendas, le Xérès (prononcez rérès), omniprésent, fait partie de la vie. Il faut avouer qu’avec des tapas (olives), ou des plats très épicés, le Xérès sait réserver des surprises... L’activité viticole de la région remonte à presque trois mille ans, au moment où la vigne fut introduite par les Grecs ou les Phéniciens. L’appellation Xérès dérive du nom donné par les Maures à la ville de Jerez, Sherish, déformé en Sherris par les Anglais et qui devint Xérès en ancien espagnol, puis Jerez.

Les Européens ont savouré les vins de Jerez dès la fin du Moyen Age, lorsqu’au XVe siècle des négociants anglais et hollandais, établis sur le site de l’ancien port de Cadix, commencèrent à exporter le Xérès vers les régions froides et humides du nord de l’Europe. Vers le XVIe siècle, le Xérès devint l’un des vins les plus en vogue dans les cours d’Europe, et les grands écrivains de l’époque, comme Shakespeare, en faisaient déjà l’éloge. Cinq siècles plus tard, Somerset Maugham le dépeint comme “l’apéritif le plus civilisé du monde”. A la fin du XVIIe siècle, de nouvelles sociétés spécialisées dans la production et l’exportation de vins furent implantées par des Anglais, des Hollandais, des Français, des Ecossais et des Irlandais. La plupart des grandes bodegas existant à l’heure actuelle en sont issues. Au XIXe siècle, les pays d’Amérique du Nord devinrent les principaux importateurs de grands vins de Jerez.

Les Denominaciones de Origen Jerez-Xérès-Sherry et Manzanilla de Sanlùcar de Barrameda s’inscrivent dans le célèbre triangle de Jerez, limité par les villes de Jerez, Puerto de Santa Maria et Sanlùcar de Barrameda. Il y règne un microclimat qui bénéficie, à la fin de l’automne et au printemps, d’une pluviométrie relativement importante et d’étés longs et secs, tempérés par les brises de l’océan et le levante, ce vent chaud provenant de la côte africaine. Le meilleurs terroirs de la région de Jerez sont les albarizas aux sols blancs, crayeux, peu propices à l’agriculture en général, mais qui se révèlent parfaitement adaptés à la viticulture. Les albarizas agissent comme des éponges : elles absorbent et retiennent les eaux de pluie de la fin de l’automne et du printemps, pour les diffuser progressivement vers les racines durant les longs mois chauds et secs de l’été. La vigne peut ainsi supporter la sécheresse estivale et atteindre sa juste maturation.

L’élaboration du Xérès Le Xérès est issu à plus de 90% du cépage Palomino blanc, les deux autres cépages autorisés sont le Pedro Ximénez blanc (voir plus loin) et le Moscatel blanc. Le raisin est vendangé à la main au début de l’automne. La première fermentation naturelle, ou fermentation rapide, s’effectue au cours des trois ou quatre premiers jours, pendant lesquels le moût séjourne dans les cuves de fermentation. Bien que certaines maisons, parmi les plus anciennes et les plus traditionnelles, continuent d’utiliser des fûts de chêne de 500 litres pour la fermentation du moût, on se sert aujourd’hui généralement de cuves en inox équipées de dispositifs permettant de contrôler la température. La seconde fermentation lente, produite elle aussi par des levures naturelles, augmente la teneur en alcool du vin nouveau et élimine une large part de son contenu en sucre. Les moûts les plus clairs et les plus légers sont soutirés, puis fortifiés à l’alcool vinique jusqu’à titrer environ 15°. Ils sont ensuite stockés en fûts de chêne à l’endroit le plus frais et plus humide de la bodega, où ils devindront des Finos ou des Manzanillas à Sanlùcar, et des Amontillados (voir plus loin). Les vins restants sont également fortifiés à l’alcool vinique jusqu’à 18° ou 19°, puis entreposés dans des fûts de chêne pour que s’effectue la maturation. Ils deviendront des Olorosos, après au moins trois ans de fûts.

Les procédés de vieillissement utilisés pour chacune des deux principales catégories de Xérès, les Finos et les Olorosos, sont fondamentalement différents. Les Finos et les Manzanillas suivent un processus biologique spontané, appelé “crianza de flor”. Quant aux Olorosos, ils vieillissent comme le vin, selon un lent processus d’oxydation.

A l’endroit le plus frais de la bodega, généralement au printemps, après la fermentation, un voile de levure blanchâtre se forme spontanément et recouvre entièrement la surface du Fino jeune entreposé en fûts de chêne. Il s’agit de la crianza de flor, littéralement “fleur de levure”, un organisme vivant qui se renouvelle continuellement, et constitue un véritable film protecteur, capable de ralentir et de réguler le processus d’oxydation que connaissent les vins en cours de vieillissement. Dans le cas des Finos et des Manzanillas, on prolonge volontairement cette crianza de flor. A mon sens, c’est pratiquement le seul cas où un vin blanc vieilli en fûts de chêne pendant plusieurs années, loin de s’oxyder ou de se madériser, reste frais et net au nez comme en bouche. Au cours de cette fameuse crianza de flor, certains Finos perdent leur voile de levure, ce qui déclenche un début d’oxydation au contact direct de l’air, et donne au vin une teinte plus sombre. Les fûts contenant ces vins dits Amontillados sont séparés des fûts de Finos, le vin est fortifié à l’alcool vinique puis soumis, comme les Olorosos, au processus d’oxydation naturel.

Pour le vieillissement des Finos et des Olorosos, on utilise le système de la solera, qui permet d’obtenir une qualité de vin homogène. En ce qui concerne le Fino, il permet en outre de revigorer périodiquement le vin en cours de cuvage. Pour utiliser ce procédé d’assemblage et de vieillissement du vin, appelé plus exactement système de soleras et craderas, on dispose les fûts sur plusieurs files ou rangées. Les fûts de la rangée supérieure sont appelés criaderas (ou fûts d’élevage) car ils contiennent les vins les plus jeunes, tandis que les fûts situés à même le sol, dans lesquels on a entreposé les vins les plus âgés, sont appelés soleras. Régulièrement, les vins des criaderas sont utilisés pour revigorer et renouveler les vins des soleras. Quant aux vins ayant atteint leur maturité, ils sont soutirés régulièrement des fûts de solera pour être mis en bouteilles et commercialisés. Parallèlement, on ajoute au vin restant dans les criaderas du vin nouveau, ayant vieilli au moins neuf mois. Grâce à ce procédé, le vin jeune acquiert les caractéristiques du vin plus vieux, et ce dernier est constamment rajeuni... Il suffisait d’y penser, en fait.

Les différentes variétés de Xérès

- Le Fino est un vin d’or pâle, léger, frais et sec, dont le bouquet et la saveur rappellent discrètement l’amande. C’est le grand classique des apéritifs. Elevé sous la flor, il conserve toute sa fraîcheur des années durant. Produit essentiellement sur le site même de Jerez et sur la côte, à Puerto de Santa Maria, le Fino titre entre 15,5° et 17°.

- Le Manzanilla est un Fino délicat, produit et vieilli à Sanlucar de Barrameda, sur la côte atlantique. La crianza de flor, qui, à Sanlùcar, peut être prolongée presque indéfiniment en raison du microclimat, et de la nette influence des brises atlantiques, donne aux Manzanillas une légèreté et une fraîcheur particulières, accompagnées d’une subtile et discrète saveur salée. Le Fino et le Manzanilla doivent être servis très frais, à une température de 7°C environ, avec une assiette d’amandes ou d’olives, à la façon andalouse. Le Fino peut aussi accompagner des poissons maigres, crustacés, volailles et soupes. Une fois ouverte, votre bouteille doit être bue dans les deux ou trois jours.

- Les Amontillados ont une robe ambre clair. Leur nez et leur palais, plus secs, évoquent délicieusement la noisette. Tout comme les Finos, ils vieillissent suivant le procédé de crianza de flor, mais selon un rythme plus lent et pendant une période plus longue, ce qui laisse à la flor le temps de vieillir. Les vins ainsi obtenus n’en sont que plus remarquables, et leur titre avoisine les 16° ou 18°.

- Les Olorosos ont plus de corps, leur robe est sombre, ambrée ou acajou. Servis également frais, les Amontillados et Olorosos secs font eux aussi de parfaits apéritifs, qui peuvent “tenir” du chorizo ou des poivrons rouges grillés (c’est remarquable); ces mêmes vins, plus vieux, donneront leur pleine mesure servis à température ambiante, pour que s’exprime toute la richesse de leur bouquet et de leur arôme. Les Amontillados, les Olorosos et les Creams se conservent mieux car ils ont plus de corps.

- Les Creams, enfin, sont issus d’un mélange d’Olorosos et de vins élaborés avec le cépage Pedro Ximénez blanc. Suaves et généreux, goûtez-les à température ambiante, comme vins de desserts ou avec des sucreries. Les Creams blancs (mélange de Finos, Pedro Ximénez et de Moscatel) se servent par contre très frais.

Enfin, le Pedro Ximénez et le Moscatel sont des crus fabriqués en quantités limitées à partir des cépages du même nom. Les grappes de Pedro Ximénez sont séchées au soleil avant d’être pressées, ce qui donne au vin son petit goût résiné, qui n’est pas sans rappeler son homologue grec. Pour information, le verre traditionnellement utilisé pour la dégustation du Xérès est la copita, un petit verre à pied court en forme de tulipe, typique, que vous pourrez rapporter de Jerez.

Les îles Canaries

Je n’ai pas de grand souvenir de mon séjour dans ces îles, tout du moins sur le plan touristique, tant les constructions balnéaires les plus hasardeuses côtoient les pièges à touristes (je ne vous conseille pas d’acheter quoi que ce soit à Las Palmas). Historiquement, il semble que le premier vignoble des îles serait un vignoble de Malvoisie planté par Fernando de Castro, qui utilisa des ceps en provenance de l’île de Madère. La vigne est cultivée sur des terrains très secs dans la majorité des îles, à l’exception d’une région de la Grande-Canarie, et de la presque totalité de l’île de Fuerteventura. D’origine volcanique, les sols sont très riches en substances minérales, légers, très perméables, pauvres en chaux et généralement riches en azote, en potassium et en phosphore. Des hivers tempérés, des étés adoucis par les alizés, un taux de pluviométrie relativement faible, mais des différences sensibles entre les îles : celles situées à l’est sont arides, tandis que les îles occidentales sont humides.

- Tenerife Bien que l’on cultive la vigne sur la majeure partie de l’île, notamment dans les régions de la vallée de l’Orotava et celle d’Icod de los Vinos, ce sont surtout les vins de l’appellation Tacoronte-Acentejo qu’il faut retenir. L’appell